Ressources humaines : comment négocier l’arrivée de la génération Z sur le marché du travail ?

La génération Z est constituée des enfants de la génération X, et suit la génération Y. Née après 1995, la « génération Z » compte aujourd’hui près de 16 millions de jeunes en France, et arrive progressivement sur la marché de l’emploi. Une étude menée par The Boson Project et BNP Paribas montre la vision de l’emploi et de l’entreprise qu’ont les jeunes entre 15 et 20 ans.

Autoportrait de la génération Z

Pour réaliser cette étude, The Boson Project a publié un questionnaire en ligne via les réseaux sociaux, invitant les jeunes entre 15 et 20 ans à y répondre. 3213 jeunes ont répondu à ce questionnaire, livrant ainsi un regard sur eux-mêmes, sur leur propre génération. Nous reprenons ici les chiffres en lien avec l’emploi.

68,5% des jeunes veulent s’installer à l’étranger pour y faire carrière, même s’ils ne nient pas la possibilité de faire carrière en France. Les « Z » font tout plus vite, ils n’attendent pas et s’ennuient si le rythme ralentit. Ces deux éléments sont déjà révélateurs de progrès qu’a à faire l’entreprise pour s’adapter à cette nouvelle génération.

Pour ces jeunes, la réussite passe par le réseau à 40% (ce chiffre atteint 47% chez les jeunes qui ont déjà travaillé), par le diplôme à 24% (14% s’ils ont déjà travaillé) et par un bon CV à 29%. De même, il n’y a plus une source d’apprentissage principale qui est les études (7,5%) mais l’apprentissage est présent partout : l’école, les MOOC, les tutoriels sur Youtube ou autre… La façon d’apprendre a aussi changé puisqu’ils apprennent sur tous les sujets et de manière continue : conscients de l’obsolescence des connaissances, ils se remettent continuellement en cause, ils savent que l’on apprend plus pour toute la vie, mais uniquement pour le présent.

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« La génération Z souhaite être une génération d’entrepreneurs : 47% des jeunes interrogés aimeraient créer leur entreprise, car cela permet d’avoir « la liberté », même s’ils n’ont pas le confort du salariat.»

Selon eux, leurs atouts sont l’envie, la maîtrise des technologies, l’ouverture d’esprit, l’ambition, l’audace, la capacité d’adaptation. Leurs défauts sont qu’ils sont têtus, impatients, bornés, trop connectés, zappeurs, impulsifs, grandes gueules, égoïstes.

Avec l’arrivée progressive des jeunes de la génération Z sur le marché du travail, les ressources humaines vont devoir s’adapter pour pouvoir les intégrer, et intégrer leur vision de l’entreprise. En effet, alors que jusqu’à maintenant c’est l’employé qui s’adaptait à l’entreprise, les Z semblent se situer dans une logique inverse : ils veulent que ce soit l’entreprise qui s’adapte à eux.

Une vision de l’entreprise qui bouleverse les codes de celle-ci

Les résultats de l’enquête, sur le monde de l’entreprise vu par la génération Z, révèlent qu’ils ont une image très négative de l’entreprise, et prouvent qu’elles devront s’adapter au risque d’être bouleversées par ces jeunes arrivant sur le marché du travail.

S’ils n’ont qu’un mot pour décrire leur vision de l’entreprise, les jeunes utilisent en majorité « dure », « compliquée », « difficile », « impitoyable », «fermée » et « injuste ». L’utilisation de ces adjectifs prouve le fossé qu’il y a entre eux et les entreprises. D’où l’avantage de faire une formation en alternance, afin de réduire ce fossé au maximum. Celle-ci est également vu comme inégalitaire, injuste, stressante, impitoyable, cruelle, angoissante, sauvage, hypocrite, triste…

Pour eux, l’entreprise évoque du stress (36%), une attirance (23%), de l’indifférence (26%) et du dégoût (13%).

La génération Z souhaite être une génération d’entrepreneurs : 47% des jeunes interrogés aimeraient créer leur entreprise, car cela permet d’avoir « la liberté », même s’ils n’ont pas le confort du salariat. Ne pouvant compter que sur elle-même, la génération Z proposera ses propres modèles.

En effet, beaucoup préfère être libres que travailler dans une entreprise qu’ils jugent non-épanouissante… Ainsi, 84, 5% affirment qu’ils choisiront leur métier par passion.

Quand ils décrivent ce qu’ils attendent de l’entreprise, 25% veulent du « fun », 22% qu’elle soit innovante, 21% qu’elle soit éthique, 20% veulent une entreprise internationale et 10% une entreprise prospère.

Afin de s’adapter à l’arrivée de la génération Z sur le marché de l’emploi, les entreprises se doivent de passer d’un modèle de contrôle à un modèle de confiance. L’entreprise doit être plus innovante, plus ouverte à l’échec, plus souple au niveau hiérarchique, plus flexible, plus tournée vers l’humain et plus porteuse de sens.